THIBAULT LIGER BELAIR
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le millésime 2006

2006
le Pinot sauvé des eaux


Encore une fois nous sommes sauvés, à croire que la Bourgogne porte vraiment bien son nom de "Terroir bénis des dieux". Car, après se qu’on connait du millésime 2005, qui n’a plus rien à prouver aujourd’hui, il était forcément difficile de suivre derrière. C’est d’ailleurs, je pense, le seul défaut de 2006.
Car voilà un millésime intéressant ! On dit que c'est quand la vigne souffre qu'elle donne le meilleur d'elle-même, et bien cette année, la nature ne lui a pas fait de cadeau.

Les conditions Climatiques 

Je ne veux pas vous faire un état des lieux du climat car vous trouverez cela dans tous les bonnes revues et sites Internet qui vous donneront une vision précise, graphismes à la clé, des températures et de l’hygrométrie de ce dernier millésime. Mais je veux simplement vous donner les quelques grandes lignes qui ont marqué l'année et qui ont surtout eu de l'influence sur le raisin.
Vous me direz que tout a une importance sur le raisin final, mais certains points vont être déterminant pour le millésime qui est en train de naître surtout pour celui-ci ou la météo s'est plutôt montrée capricieuse.

Entre hiver rigoureux et été caniculaire
On a l'impression, ces dernières années, que les conditions climatique de chaque millésime s'opposent souvenez vous : 2003 très chaud et sec, versus 2004 plutôt froid et humide et 2005 avec la sécheresse de juillet et d'août qui ont entraîné des blocages de maturation (par manque d’eau), vous comprendrez ainsi que 2006 était plutôt humide.
Tout d'abord, nous avons eu beaucoup de mal à sortir de l'hiver. Les bourgeons sortaient timidement en avril osant à peine se montrer, donc forcément : retard dans les vignes début juin. Puis, à nouveau grand soleil voir canicule les quinze derniers jours de Juillet donc les vignes étaient de nouveau en avance. Je pense pour ma part que ce sont ces quinze derniers jours de juillet qui ont été primordiaux pour la structure du millésime.
En effet on parle souvent de la maturité, mais qu'est ce que cela veut dire ? Je considère qu'il faut dissocier la maturité en sucre de la maturité phénolique. Nous parlons de maturité en sucre quand nous considérons avoir obtenu un degré potentiel en alcool suffisant. Mais cela ne vaut rien si le taux de sucre n'est pas en rapport avec la vraie maturité, celle qui va apporter la structure et la richesse aromatique de nos vins: je parle de la maturité phénolique. Pourquoi ce décalage? Il se trouve que les pratiques culturales et l'utilisation de certains produits, notamment les antipourritures, vont agir sur la structure de la pellicule du raisin en l'épaississant et en modifiant sa paroi. Les années où la maturation est plus difficile et où chaque rayon de soleil compte, la pellicule aura plus de mal à mûrir et à se charger en éléments nécessaires à la structure des vins. Je rappelle que 99% des raisins rouges sont à jus blanc et que c'est dans la peau que se trouve toute la future structure de nos vins.
Du sol à la vigne
Grace à notre travail constant et opiniâtre en recherchant sans cesse l'équilibre entre les différents éléments du sol, nous pouvons déjà constater une grande amélioration dans sa structure.
 Il y a les observations théoriques qui nous montrent des sols granuleux souples, qui sont les témoins d'une vie microbienne, et puis il y a les observations pratiques:
·Lors de fortes précipitations ou d'orages on se rend compte que le sol produit deux phénomènes: d'une part il absorbe bien l'eau en la drainant et d'autre part il y a beaucoup moins de ravinement. Ce qui témoigne nettement d’une bonne tenue et d’une bonne perméabilité des sols.

·On remarque également un net changement de couleur qui est passé du gris au brun rougeâtre. Cette modification de couleur prouve, à l'évidence, une augmentation de la vie microbienne des sols, mais cette modification est très utile pour le réchauffement des sols, car un sol brun se réchauffera mieux qu'un sol grisonnant.


·La biodiversité des herbes enrichit nos sols, car chaque plante a son utilité, elles vont absorber dans l'air des éléments que le sol ou la vigne ne pourront pas absorber, et vont le restituer au sol.

En effet, nous pouvons déjà observer une biodiversité sur le sol qui nous indique que la terre reprend vie, que toutes ces années de désherbant et de négligence d’un travail raisonné du sol sont en train de s’effacer au profit d’une vie microbienne.
 

Vendange et vinification 

Nous avons décidé cette année de commencer les vendanges le 21 septembre par les Saint-Georges.
Le challenge de ce millésime était : l’obtention de la maturité optimum mais également l’état sanitaire des raisins. Au moment de la prise de décision pour la date de début vendange nous sommes toujours confrontés dans les années un peu délicates a trouver le meilleur compromis entre maturation optimale et état sanitaire.
Je pense que notre métier réside à 80% sur l’obtention des meilleurs raisins, c’est pour cela que les semaines qui précèdent les vendanges sont primordiales.
 La réussite de ce millésime résidait également dans le soin apporté au tri de la vendange, car c’est la dernière opération sur laquelle on peut encore faire une intervention sur le raisin. La particularité des grappes cette année est qu’elles avaient souffert de l’humidité du mois d’août ce qui a commencé à provoquer la pourriture sur la partie inférieure de la grappe. Cette pourriture à été stoppée grâce au temps sec et venté du mois de septembre. Les grappes étaient donc très mûres avec l’extrémité inférieure abîmée, Nous avons donc trié chaque grappe pour ne laisser que le meilleur.
J’ai senti dans ce millésime qu’il fallait vinifier très en douceur. Je considère que chaque raisin a un potentiel qu’il sera capable de donner pendant la macération et c’est ce potentiel qu’il faut exploiter. Le problème c’est qu’on va souvent trop loin, car la facilité des techniques modernes nous permet d’en faire toujours plus, mais souvent en allant chercher des éléments qui ne sont pas favorables à l’équilibre de nos vins.
Pour les vinifications, j’ai essentiellement travaillé mes cuves (remontage et pigeage) au début de la vinification à des températures allant de 15 à 27 °c. Je travaille pendant cette période car je trouve que l’on extrait des arômes plus fins et des tanins plus ronds, les vins ne manquent pas de structure mais ont de la finesse et de la longueur. Chaque millésime a son caractère propre et il faut le respecter sans vouloir aller chercher ce qu’il n’y a pas car on aboutit toujours au final à une situation de déséquilibre.


Premières impressions des vins du millésime 2006

>      Bourgogne "les Grands Chaillots"
Récolté à un rendement de 25 hl/ha ce Bourgogne est concentré avec toujours beaucoup de finesse sans manquer de structure.

>    Hautes-Côtes de Nuits "la Corvée de Villy"
Nous commençons à voir le fruit de notre travail sur cette parcelle situé sur le plateau de Chaux sur les Hauts de Nuits Saint Georges. Cette vigne est plantée sur la roche primaire calcaire qui a formé la côte en se dégradant. On trouve une proportion faible de terre par rapport à la roche qui par endroit affleure la surface.
Nous avons récolté des vins avec une très belle maturité qui donne un « Hautes Côtes » riche et souple avec une très jolie minéralité qui lui apporte de la fraîcheur en fin de bouche.

>     Hautes-Côtes de Nuits "le clos du Prieuré"
Récolté le 15 octobre nous avons attendu que la maturité aboutisse, car cette vigne avait du retard par rapport aux autres parcelles. De plus, un souci de maladie sur le feuillage nous a prolongés cette période. Nous avons donc un millésime plus sur la fraîcheur, le fruit rouge est très présent, c’est un vin gourmand et friand qu’il faudra boire dans les 2 ans.

>     Nuits-Saint-Georges "la Charmotte"
Nous commençons à toucher du doigt cette parcelle, car le vin chaque année gagne en richesse et en minéralité. Plus les racines plongent profondément dans la terre plus ce vin prend de la définition.
C’est une très belle représentation du Nord de l’appellation, avec de la richesse en fruit mêlée à une jolie matière qui offre un bel équilibre.
Je pense que nous venons de passer un cap supplémentaire avec cette vigne.

>      Vosne Romanée "aux Réas"
Toujours superbe, très belle maturité grande finesse des arômes, la minéralité compense à merveille la richesse du vin en offrant un équilibre rarement obtenu et une acidité en final qui lui apporte de la tenue et de la longueur.

>      Corton "les Rognets"
Toujours beaucoup de souplesse dans ce vin, il est très différent du Corton Renarde, car il exprime toujours beaucoup de rondeur et de suavité pour le terroir de Corton.

>      Corton "les Renardes"
C’est un vin long et racé qui se présente cette année, on a l’impression à chaque dégustation de le découvrir un peu plus. Il est à la fois rond et structuré, avec un très joli équilibre tout au long de la dégustation, qui se termine par une longueur superbe.

>      Aloxe Corton 1er cru  "la Tope au Vert"
C’est toujours un vin très en finesse. La première impression est une impression de légèreté sans aucune maigreur, mais le vin surprend par sa tenue en bouche.

>     Chambolle Musigny 1er cru "les Gruenchers"
C’est toujours la parfaite expression des Chambolle-Musigny souple et suave, avec un vin qui tapisse le palais sans oublier un coin de votre bouche. Le fruit noir est très présent relevé par une pointe acidulée en final qui fait tenir le vin en bouche.

>     Nuits-Saint-Georges 1er Cru"les Saint Georges"
Toujours d’une très belle maturité, nous retrouvons cette année plus de finesse, mais toujours avec l’identité des Saint-Georges qui se caractérise par une finale plus ferme.
Le potentiel est superbe toujours à la hauteur des Grands crus de la Côte de Nuits, d’ailleurs nous comptons le présenter, pour qu’il obtienne la classification de Grand cru, mais cela devrait prendre un peu de temps.

>      Clos Vougeot
Nous avons encore l’impression d’avoir fait un pas de plus avec les Clos Vougeot, et que la terre commence à se remettre des erreurs passées, Le vin a gagné en minéralité et en finesse, avec une belle présence de tanin mais sans aucune agressivité. On sent bien qu’on touche les terroirs de Vosne-Romanée.

>      Richebourg
Encore sur la retenu aujourd’hui ce vin ne commencera à exprimer son potentiel pas avant quelques mois, mais il suffit qu’on le fasse parler en l’aérant et en le carafant plusieurs fois pour qu’il s’exprime et alors là, c’est le bonheur…

Voilà un millésime qui a fait couler beaucoup d’encre, je dirais que son seul défaut est de passer après 2005, mais quelle finesse et quelle subtilité.
Pour ma part, j’ai plus d’affinité avec ce millésime que 2005 car c’est une des plus belles expressions des terroirs du domaine que j’ai pu avoir depuis mes débuts.

 

Auteur  Thibault Liger-Belair le 09/07/08 dans  La Vigne Commentaires  0 commentaire
DECANTER award Winners *****

Le Nuits Saint Georges 1er cru "les Saint Georges" 2005 ainsi que le Nuits Saint georges la Charmotte 2005 ont reçu 5 étoiles dans le DECANTER de Juin.

Auteur  Thibault Liger-Belair le 11/06/08 dans  Revue de Presse Commentaires  0 commentaire
le travail des sols

Nous travaillons les parcelles de Richebourg et Clos Vougeot avec Prosper un Percheron de 3ans.

Ce labour tracté par un cheval nous permet de travailler à des profondeurs différentes en fonction de la nature des sols et d'éviter un trop gros tassement lié au pasage des engins souvent trop lourd. Malheureusement, le temps nécessaire pour faire ce travail ne nous permet pas de le faire sur tout le domaine.

 

Auteur  Thibault Liger-Belair le 27/05/08 dans  La Vigne Commentaires  0 commentaire
figaro magazine avril 2007

 figaro magazine

Devant le chateau de Gilly, à Vougeot. Jean-Nicolas Méo, vinificateur du domaine de Méo-Camuzet ; Bertrand Devillard, propriétaire du domaine des Perdrix à Nuits- Saint-Georges ; Sylvie Esmonin, propriétaire à Gevrey-Chambertin ; Thibault-Liger-Belair de Vosne-Romanée. Crédits photo : Olivier Roux/Sagaphoto/Le Figaro Magazine

A quelques kilomètres au sud de Dijon, la Côte de Nuits déploie, sur une vingtaine de kilomètres, quelques-uns des crus les plus prestigieux de la planète.

Après Marsannay, les noms de Gevrey-Chambertin, Chambolle-Musigny, clos Vougeot et autres Vosne-Romanée résonnent dans le coeur des amateurs de vins comme autant de joyaux d’une couronne royale. La côte a pris symboliquement le nom de Nuits en l’honneur de la ville de Nuits-Saint-Georges, qui ouvre ou qui ferme la côte selon le lieu où l’on pénètre. A l’autre bout de la côte, Dijon, pourtant capitale du bourgogne, s’est toujours désintéressée du vin, et la ville a d’ailleurs laissé disparaître son propre vignoble, la Côte dijonnaise, sous la pression immobilière. Nuits-Saint- Georges, au contraire, a toujours fait preuve d’un grand dynamisme en inventant les chevaliers du Tastevin, la Saint-Vincent tournante et même les Trois Glorieuses, des événements importants qui rythment la vie bourguignonne.
Siège d’un puissant mais discret négoce, Nuits-Saint-Georges ne possède pas de grands crus, mais un grand nombre de premiers crus, dont certains, et en particulier les Saint-Georges, auraient pu prétendre à la consécration suprême. Henri Gouges, grand manitou du classement en 1936, n’a pas voulu le revendiquer pour sa commune, d’autant qu’il était aussi propriétaire dans ce prestigieux endroit. Une grandeur d’âme assez rare !
S’il n’y en a pas à Nuits-Saint-Georges, les grands crus sont omniprésents dans la Côte de Nuits, puisqu’elle comprend, en dehors du Corton, tous les grands crus rouges de la Bourgogne. Ces grands crus jouissent d’un grand prestige depuis fort longtemps, et chaque commune a tenté de capter une parcelle de leur célébrité. Ainsi, dès 1847, l’obscure commune de Gevrey arrache au roi Louis-Philippe le droit de s’appeler Gevrey-Chambertin. Suivent ensuite Chambolle, qui devient Chambolle-Musigny, Morey, qui passe à Morey-Saint-Denis, et ainsi de suite. S’imaginant boire une lichette de Chambertin dans son Gevrey, le consommateur est le grand perdant de cette campagne d’autopromotion.
Grâce à ses grands crus, la Côte de Nuits a vécu pendant longtemps sur ses acquis, avec des vins toujours chers et très recherchés, mais d’une qualité relativement hétérogène. Aux côtés de quelques personnalités exceptionnelles, qui ont fait le renom de la Bourgogne, et de quelques domaines phares qui n’ont jamais failli sur la qualité, dont le principal d’entre eux, le domaine de la Romanée-Conti, s’est développée toute une frange de producteurs qui profitaient sans vergogne de cette aura en cédant au prix fort des vins sans grandes vertus.
Au milieu des années 80, une nouvelle génération a pris le relais, avec comme objectif de positionner les grands bourgognes au plus haut niveau de la qualité mondiale. Ils ont pour nom Henri Jayer, André Pernin-Rossin, François Labet et d’autres. Ils sont maintenant relayés par la génération montante, Jean-Nicolas Méo, Sylvie Esmonin, François Chavériat (domaine Chantal Lescure), Frédéric Magnien et Thibault Liger-Belair, entre autres. Aujourd’hui, grâce à ce mouvement de reconquête, la Côte de Nuits est devenue un des vignobles les plus excitants du monde. Petit coup de pouce du destin, la météorologie a décidé de la favoriser, et aucun petit millésime n’a vu le jour depuis 1994. Seul petit problème, mais il est de taille : le monde entier commence à le savoir... Il est urgent de se procurer quelques flacons.
Auteur  Thibault Liger-Belair le 13/06/07 dans  Revue de Presse Commentaires  0 commentaire
Thibault Liger Belair, une histoire pérenne, une terre d’exception, une exigence de qualité, la vigne, la vinification, une sélection rigoureuse, Domaine Thibault Liger Belair, Richebourg,
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